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Étretat et la côte d’Albâtre : falaises, sentiers et bons horaires

Publié le 31 août 2026

Illustration — Photo by Fleur

Les trois arches d'Étretat, le sentier des falaises, et la suite de la côte jusqu'à Dieppe. Où se garer, quand venir, et ce qu'il ne faut pas faire au bord.

La côte d’Albâtre court sur environ cent trente kilomètres, du Havre au Tréport, en un mur de craie blanche presque continu. La Normandie recense 105 falaises et sites naturels classés, et la Seine-Maritime en concentre l’essentiel.

Étretat en est le point le plus célèbre, avec 13 lieux recensés — un chiffre modeste qui rappelle que l’intérêt du site n’est pas dans le nombre de choses à visiter, mais dans le paysage lui-même.

Les trois arches

Étretat est encadré par deux falaises, et le site compte trois arches naturelles.

À l’ouest, la falaise d’Aval forme la Porte d’Aval, l’arche la plus photographiée de France, avec l’Aiguille qui se dresse juste derrière elle. Plus loin sur le même versant, invisible depuis la plage, la Manneporte est la plus grande des trois : il faut monter sur la falaise et marcher un peu pour la découvrir, et c’est ce qui la rend intéressante.

À l’est, la falaise d’Amont porte la Porte d’Amont, plus petite, ainsi que la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde et le monument aux aviateurs Nungesser et Coli, disparus en 1927 en tentant la traversée de l’Atlantique.

Marcher sur les falaises

Le GR 21, qui longe toute la côte d’Albâtre, passe par Étretat. C’est le meilleur moyen de voir le site : les vues les plus spectaculaires ne sont pas depuis la plage mais depuis le haut.

Deux boucles simples s’offrent depuis le village. Vers l’ouest, la montée sur la falaise d’Aval mène au golf puis à la Manneporte, en une heure trente aller-retour. Vers l’est, la falaise d’Amont et sa chapelle demandent moins d’une heure.

La Normandie compte 615 itinéraires de randonnée recensés ; ceux de la côte d’Albâtre sont parmi les plus fréquentés, et parmi les plus venteux.

Sécurité : ce qu’il ne faut pas faire

La craie s’effondre. Les éboulements sont fréquents, imprévisibles, et le bord de falaise se dérobe sans prévenir — l’herbe qui semble continuer au-delà du vide est parfois en surplomb.

Ne vous approchez jamais du rebord, ne franchissez pas les barrières, et ne marchez pas au pied des falaises à marée montante : la mer coupe le retour en quelques dizaines de minutes et il n’y a nulle part où grimper.

Se garer et éviter la foule

Étretat est un village de moins de mille cinq cents habitants qui reçoit plus d’un million de visiteurs par an. En juillet et août, ainsi que lors des week-ends de printemps ensoleillés, le stationnement sature dès le milieu de matinée et les parkings sont éloignés du centre.

Venez tôt, avant neuf heures, ou en fin d’après-midi. La lumière y est de toute façon meilleure : les falaises se photographient mal en plein midi, quand le soleil écrase le relief. En fin de journée, la lumière rasante fait ressortir les strates de silex qui rayent la craie — c’est ce que peignaient Monet et Courbet.

Continuer vers l’est

Étretat n’est qu’un point sur la côte. En continuant vers le nord-est :

Fécamp, à une quinzaine de kilomètres, compte 38 lieux recensés. Le cap Fagnet y culmine à 105 mètres, point le plus haut de toute la côte d’Albâtre, avec une chapelle de marins, un parc éolien et les vestiges d’un radar allemand. La ville abrite aussi le palais Bénédictine et son abbatiale de la Sainte-Trinité, l’une des plus longues églises de France.

Saint-Valery-en-Caux, Veules-les-Roses et Varengeville-sur-Mer jalonnent ensuite le littoral.

Dieppe, 33 lieux recensés, ferme la côte à l’est : premier port de pêche devenu station balnéaire dès les années 1820, avec son château-musée et sa collection d’ivoires sculptés sans équivalent en France.

Le Havre, à l’autre bout

À vingt-cinq kilomètres au sud-ouest d’Étretat, Le Havre et ses 103 lieux recensés offrent le contraste absolu : un centre-ville entièrement reconstruit par Auguste Perret après 1945, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2005. C’est aussi là qu’a été peint Impression, soleil levant, le tableau qui a donné son nom à l’impressionnisme.

Les jardins d’Étretat

Aménagés sur la falaise d’Amont, à l’emplacement du jardin de l’actrice Madame Thébault, les jardins d’Étretat proposent un parcours de topiaires contemporaines suspendu au-dessus de la mer. Le lieu divise : certains y voient l’un des jardins les plus originaux de France, d’autres une installation qui détourne l’attention du paysage.

Dans tous les cas, la vue sur la Porte d’Aval depuis les terrasses justifie le détour. La Normandie recense 24 jardins et parcs botaniques.

Pourquoi les falaises sont blanches

La craie qui forme la côte d’Albâtre s’est déposée au Crétacé, il y a environ quatre-vingts millions d’années, au fond d’une mer chaude et peu profonde : c’est une accumulation de squelettes microscopiques d’algues calcaires.

Les lignes sombres qui rayent horizontalement la falaise sont des bancs de silex, plus durs, qui résistent mieux à l’érosion. Ce sont eux qui, en se détachant, forment les galets des plages : la côte d’Albâtre n’a pas de sable parce que la craie se dissout et que seul le silex survit au ressac.

Les arches et l’Aiguille sont le résultat de ce travail : la mer attaque un point faible, creuse une grotte, la perce, puis finit par faire tomber la voûte. L’Aiguille est un ancien morceau d’arche resté debout.

Autour d’Étretat

Le Havre est à vingt-cinq kilomètres au sud-ouest, Fécamp à quinze au nord-est. Entre les deux, la côte est ponctuée de valleuses — ces vallées sèches suspendues qui donnent seules accès à la mer.

La Seine-Maritime compte 24 points de vue recensés et des sites naturels classés tout au long de ce littoral. La plupart sont d’accès libre et ne demandent qu’une paire de chaussures.

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